[Test] Assassin’s Creed Revelations

Comme chaque année depuis deux ans maintenant, Ubisoft nous sort un nouvel opus d’Assassin’s Creed. Devenue l’une des licences phares de la marque, Assassin’s Creed Revelations se veut être l’épisode clé pour comprendre le pourquoi du comment sur les antécédents d’Altaïr, les agissements d’Ezio et le devenir de Desmond. Rien que ça. Après un Assassin’s Creed II fort réussi et une virée Brotherhood loin d’être déplaisante, le nouveau coup de lame de l’assassin tient-il plus du coup bien placé ou de l’esquive facile ? La réponse dans les lignes qui suivent.

L’aigle noir

C’est un Ezio quinquagénaire que l’on retrouve avec une quête très simple : retrouver les clés de Masyaf pour pouvoir accéder à la bibliothèque d’Altaïr (l’assassin du premier épisode). Pour pouvoir retrouver ces fameuses clés (au nombre cinq), un aller simple vers Constantinople s’impose. Après Masyaf, Venise et Rome (notamment), place à l’Istanbul d’aujourd’hui. Et le changement d’ambiance qui va avec se ressent clairement. Exit les gondoles et les chevaux, place aux rues poussiéreuses et aux marchés bondés.

Pour pouvoir retrouver les clés de Masyaf, Ezio dispose toujours de son sens de l’aigle, qui s’est vu être plus efficace pour pouvoir repérer ses cibles. Le nombre des années surement. Outre cette modification dans le gameplay qui ne bouleverse pas la face du monde, l’ajout du crochet permet à Ezio de pouvoir escalader encore plus facilement les nombreux batiments de Constantinople. Et ils sont nombreux. Le côté « j’ai une mission à faire mais je procrastine parce que je veux les touristes » est amplifié ici par l’ajout de cet engin. Les joueurs avides d’exploration des moindres recoins ont donc de quoi se réjouir. Autre nouveauté avec l’ajout des bombes personnalisées. Là où les anciens épisodes usaient et abusaient des fumigènes, il est maintenant possible de pouvoir créer ses propres bombes. Et les effets qui vont avec. En sélectionnant le type de bombe, la poudre qui y est contenue ainsi que le type d’explosion, il est possible de se la jouer attaque à la Sam Fisher ou à la Marcus Fenix.

Il est toujours possible de pouvoir être le chef de meute d’une confrérie d’assassins à envoyer dominer plusieurs villes pour montrer qui est le boss. Instaurée dans Brotherhood, le système reste le même mais Revelations y ajoute la défense de zones par le biais de phases digne des meilleurs Tower Defense en flash. Ces passages (heureusement peu nombreux) sont minimalistes et sans grand intérêt.

A nouvel épisode, nouvel ennemi principal. Ici, il s’agit de devoir démanteler les conflits familiaux de la famille Bayezid, qui s’entre-déchire quant à la prise de pouvoir de l’empire ottoman. Et puisqu’il faut bien des gentils, Sofia Sorto, la nouvelle femme qui fait les yeux doux à Ezio, ainsi que Yusuf Tazim, chef des assassins de Constantinople sont de la partie. Loin d’être inintéressante, grâce à ses passages bien mis en scène, cette quête passe au second plan dans cet épisode, la faute à l’absence de méchant charismatique bien loin de la trempe de la famille Borgia de Brotherhood par exemple. Les adjuvants à abattre sur sa route sont également sans charisme particulier, mais ce n’est pas le plus embêtant. Non, la chose la plus irritante dans ce quatrième épisode, c’est le comportement des ennemis qui sont des imbéciles au possible dotés d’une I.A bancale depuis le premier épisode. C’est simple, lors d’un combat contre plusieurs gardes, ils attaquent à tour de rôle comme dans un RPG.

Ces nouveautés ne chamboulent pas la série, loin de là, mais rendent la progression plus facile, ou en tout cas plus agréable. Si le passage du premier épisode au deuxième Assassin’s Creed sentait la suite travaillée (sorti à deux ans d’intervalle), le fossé de la nouveauté se réduit au fur et à mesure des nouveaux épisodes et Ubisoft a tout intérêt à pondre quelque chose de surprenant pour sa copie de l’année prochaine, d’ores et déjà annoncée. On ne perd pas le nord chez Ubisoft.

Assassin’s Creed Chapitre 4 : Révélation

Point central du jeu, les révélations que cet épisode apportent sont des révélations dans le pur style de la série, à savoir une réponse apportée mais qui ajoute de nouvelles questions. Sans entrer dans les détails, elles permettent toutefois de faire le point sur l’ensemble de la série et de comprendre, entre guillemets, là où Ubisoft veut emmener les joueurs depuis quatre ans maintenant.

Desmond Miles, Ezio Auditore da Firenze et Altaïr seront ainsi alternativement contrôlables dans des séquences qui leur sont propres. Comme depuis le premier épisode maintenant, le jeu alterne entre séquences dans l’Animus et passage avec Desmond dans un environnement beaucoup plus contemporain. A cela s’ajoute les phases avec Altaïr, qui pour le coup sont des flashbacks (les fameuses révélations). Ces retours en arrière ont le mérite de pouvoir en savoir plus sur le tout premier assassin et donc de pouvoir comprendre le fil conducteur de l’histoire. Très bien mis en scène, en dépit du fait d’être plus spectateur qu’acteur, ces passages assurent le fan service comme il faut et démontre l’envie d’Ubisoft de vouloir raconter quelque chose de concret. Cela va sans dire qu’il vaut mieux avoir fait les épisodes précédents pour saisir le truc.

Prestige 50

Brotherhood a instauré le mode multijoueur et, sans être exempt de défauts, ne fait pas tâche ou ne sent pas le mode multi incorporé parce que les autres jeux en ont un (BioShock 2 j’écris ton nom). Revelations conserve la base initiale de son prédécesseur mais parvient à rendre le tout plus efficace. Tout d’abord, la personnalisation de son perso est faisable de A à Z avec capacités, couleur et type d’arme, cri de victoire et plein d’autres trucs. Tout se débloque en fonction de son niveau global, ce qui assure une bonne durée de vie pour ce mode fort original qui, sans justifier à lui seul l’achat du titre, se révèle être très efficace.

Au niveau des modes de jeu, hormis le traditionnel mode Deatmatch, en simple comme en équipe comme avec ou sans capacités, les modes restent globalement les mêmes qu’avant. Si les modes alternatifs comme Escorte (où il faut protéger un perso contrôlé par l’I.A) ont le mérite de varier les situations de jeu, ces modes sont moins pratiqués que les autres. Les modes Deathmatch et Traque sont donc ceux sur lesquels il faut compter pour trouver à coup sûr des adversaires, un peu comme les autres jeux multis. Il est à noter que si Brotherhood peut être joué en ligne sans passe droit nécessaire, Revelations inclut un Ubisoft Pass. Sésame de douze caractères, il est indispensable pour accéder au jeu en ligne. Pour les personnes achetant leurs jeux d’occasion, il faut ajouter 10 € à son jeu acheté à un particulier ou à une enseigne vendant le jeu de seconde main à un tarif proche du neuf. Et ça c’est moche.

Assassin’s Creed Revelations est donc un épisode clé. Dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. Dans le bon sens tout d’abord avec une mise en avant du scénario plus importante que les anciens épisodes et un gameplay qui est toujours aussi plaisant à prendre en main. La durée de vie est correcte si les nombreux à côtés sont délaissés, durée de vie amplifiée par le multijoueur encore plus efficace qu’avant. Mais Ubisoft s’est malgré tout reposé sur ses lauriers. Deuxième suite d’Assassin’s Creed II, Revelations est l’épisode le moins inventif de la série. Les ajouts sont là mais tiennent plus du détail et la formule reste la même depuis quatre ans maintenant. Alors certes, le tout a l’avantage pour lui d’être vraiment plaisant à jouer mais une rafale de nouveautés ne serait vraiment pas de refus. Au niveau des révélations également (dont leur intérêt peut difficilement être jugé car subjectives qualitativement), les réponses apportées soulèvent moult questions. Les joueurs qui ont plié les anciens opus et qui ne sont pas réticents à faire les mêmes choses que dans les anciens épisodes mais dans un cadre nouveau et qui veulent un mode multi changeant des FPS ou autres jeux du même genre peuvent prendre leur billet pour Constantinople. Celles qui n’ont pas envie de se refaire un Assassin’s Creed 2.75 peuvent rester à quai. Et pour les nouvelles recrues, mieux vaut commencer par le début. Et ça tombe bien car le premier épisode de la série est inclus dans la version PS3.

Les +

Une ville toujours aussi vaste
Des ajustements dans le gameplay rendant la progression encore plus agréable
Un mode multi enrichi par rapport à l’épisode précédent
Le scénario mis en avant

Les -

Assassin’s Creed 2.75
Ubisoft Pass, DLC et j’en passe
L’I.A des ennemis toujours autant à la masse

La note : 15/20

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