[Critique] Scott Pilgrim vs. the World

La sortie ciné de Scott Pilgrim vs. the World ne se sera pas faite sans heurts. Le film ayant floppé aux US (en rapportant 10 millions de $ pour un budget six fois supérieur), la sortie européenne du film s’était vue repoussée de deux mois et la diffusion sur les écrans est ridicule. C’est simple, à Nice, le film ne passe qu’au Pathé Paris et les séances semblent ne pas se voir reconduites la semaine suivant sa sortie… et c’est bien dommage, tant Scott Pilgrim est un film incontournable. Après Shaun of the Dead et Hot Fuzz, deux comédies made in UK de gros calibre, Edgar Wright transpose le comic de Brian Lee O’Malley sur grand écran et signe avec Scott Pilgrim une nouvelle référence.

Le début du film impose d’emblée ses conditions pour être apprécié comme il se doit de l’être. Le traditionnel logo Universal se voit revisiter à la sauce 8-Bit avec des sonorités chiptune qui parleront sans mal aux joueurs des années 80/90. S’ensuit la musique de The Legend of Zelda : A Link to the Past et là, la boucle est bouclée. Le film provoquera un sourire jusqu’aux oreilles aux joueurs ayant grandi dans ces univers pixelisés. Mais le jeu vidéo n’est pas le seul univers dont Scott Pilgrim s’inspire. Le film s’inspirant du comic du même nom, il n’est pas rare de voir les codes de cet univers repris dans la film. Onomatopées lors d’actions particulières, titres en lettres capitales dans le coin supérieur gauche comme pour indiquer un nouveau chapitre ou détails des personnages indiqués via des encarts, tout y passe. Pour le public réfractaire ou ne connaissant pas ces références-là, Scott Pilgrim n’en reste heureusement pas un mauvais film. L’humour percutant ou le scénario épique de par son originalité, permettent facilement de pouvoir passer deux heures à prendre du plaisir à voir ce film qui ne ressemble à aucun autre.

Le scénario de Scott Pilgrim est aussi simple qu’il en est original. Scott Pilgrim, jeune ado de 22 ans, originaire de Toronto et bassiste du groupe Sex Bomb-Omb qu’il a monté avec ses amis, tombe amoureux de Ramona Flowers, une américaine livreuse chez Amazon. Pour sortir avec elle, il devra vaincre ses sept ex maléfiques. Ce prétexte scénarisitque, étrange s’il en est, permet en tout cas de ne pas s’ennuyer tant il change des traditionnels films où un homme veut conquérir le cœur d’une fille. Le film alterne entre discussions futiles mais indispensables et scènes d’action judicieusement mises en scène. Le scénario se met en place assez rapidement tout en prenant le soin de détailler la personnalité des personnages. Le film ne connait aucun temps mort et les deux heures du film sont ainsi parfaitement utilisées sans que le tout semble soit trop long et/ou trop ennuyant. Les combats contre les ex maléfiques sont un régal pour les yeux avec une maitrise sans faille des codes de la culture geek et sont suffisamment dispatchés au travers du film pour ne pas rendre le tout pour un enchainement de combats.

Le casting du film est très réussi. Avec Michael Cera dans le rôle de Scott Pilgrim, aucun autre acteur ne pouvait mieux jouer le rôle que lui. Le personnage du comic ressemble à s’y méprendre à l’acteur de Be Bad, en plus d’être tous deux nés au Canada. Tout comme Jesse Eisenberg qui était brillant en incarnant Mark Zuckerberg dans The Social Network, Michael Cera excelle dans celui du bassiste dans celui de l’exterminateur d’ex. Les acteurs incarnant la bande d’amis de Scott est elle aussi fidèle à celle du comic et du jeu vidéo et la ressemblance est aussi bien dans le physique que dans le comportement. Idem pour la ligue des ex maléfiques criante de ressemblance avec le jeu vidéo. Pour avoir fait la version XBLA plus d’une fois, c’était un régal de revoir à l’identique le jeu sur grand écran. Entre les décors fidèles à la version console ou les combats contre les ex maléfiques qui sont au sprite près identiques, le jeu est assurément le meilleur jeu tiré d’un film pour ce qui en est de sa fidélité. En plus de son casting, la bande son contribue aussi à l’hégémonie du trip et fera plaisir aux oreilles avec notamment Beck ou les Rolling Stones qui ont participé à la bande originale.

Scott Pilgrim vs. the World est le film de l’année pour le public auquel il est destiné. Jamais un film n’aura autant usé avec brio des codes de la geek culture. Accompagnée d’une mise en scène de qualité, cette avalanche de références donne au film un genre unique. Pour les personnes à qui tout cela ne parle pas, le film sera un bon film sans plus. Lors de la séance pendant laquelle j’ai vu le film, un groupe de trois filles a quitté la salle avant la fin. Nul doute que le succès du film ne sera pas au rendez-vous également en Europe tant Universal n’a pas voulu croire en lui. Tout comme Michael Cera arbore un tee Rock Band sur l’affiche du film, le chef-d’œuvre d’Edgar Wright semble destiné à connaitre le même sort que le jeu de Harmonix. Alors si le film a pour défaut de se la jouer élitiste pour en capter toute l’aura (et pour percer au box office), il n’empêche qu’un film pensé pour la génération Game Boy c’est pas tous les jours qu’il y en a au cinéma. Aussi rare qu’un film d’animation sans la 3D aujourd’hui, Scott Pilgrim est un cadeau de Noël pour les geeks.

La note : 19/20

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3 Responses to [Critique] Scott Pilgrim vs. the World

  1. Le YoOshi says:

    On ne pouvait pas mieux décrire le film. Rien à redire, je suis on ne peut plus d’accord avec ce que tu dis. D’ailleurs les mêmes points ressortent sur mon avis du film :)

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